Besoin énergétique des animaux 

Toutes les races de chiens n’ont pas les mêmes besoins en énergie. 

 

Chez le chat et le chien, l’origine génétique de l’obésité et du surpoids semble très probable. Malheureusement, cette piste demeure encore peu explorée par la recherche.  

La sélection de certains traits phénotypiques pour l’élaboration des races a entraîné des modifications au niveau du métabolisme énergétique : le besoin énergétique de base sera plus ou moins important en fonction de la race.  

 

  • Les chiens 

    1 )  Race nordique

 Les races de chiens de la catégorie « nordique » diffèrent selon les fédérations. Nous allons donc nous baser sur la définition de la fédération internationale des sports de traîneaux à chien (IFSS) : seuls les chiens de pure race Husky de Sibérie, Alaskan Malamute, Samoyède, Chien du Groenland et Esquimau du Canada possédant un pedigree reconnu par la fédération cynologique internationale (FCI) sont des nordiques.  

 Ces races ont la spécificité d’avoir des besoins énergétiques moins élevés que les autres races, à poids et effort égal. Ceci est lié à leurs spécificités métaboliques et, en température extrême, à leur meilleure thermorégulation grâce aux graisses brunes et à leur pelage épais. D’un point de vue métabolique, d’autres races ou lignées de races non reconnues par la FCI sont similaires, comme les Alaskan Husky et les races des sous-sections : Chiens nordiques de chasse et Chiens nordiques de garde et de berger.  

Pour le calcul du besoin énergétique le coefficient k1 = 0,8 sera appliqué.  

     

  2 )  Autres races à risque de surpoids

 Dans le cas des autres lignées de chiens, différentes études ont mis en évidence un lien entre surpoids (ou obésité) et certaines races de chiens, entre autres :  

  • Shetland, chien de berger, teckel, golden retriever (Lund et al., 2006) 
  • Labrador, berger australien, chihuahua, rhodesian ridgeback, flat coate retriever, berryblue terrier, bedlington terrier, irish terrier, clunmber spaniel (Weeth et al. 2004) 
  • Beagle et golden retriever (Kronfeld et al. 1991) 
  • Retriever (golden et labrador) (Colliard et al. 2006) 

Dans le cas de ces races pour le calcul du besoin énergétique le coefficient k1 = 0,9 sera appliqué. 

   3)  Races du groupe 8 – chiens rapporteurs/leveurs de gibier et chiens d’eau 

Les races ont été regroupées selon les groupes de la FCI, l’étude de Charcosset (2017) a mis en évidence un facteur de risque de surpoids significatif, pour certain groupe.  

En particulier les races de chiens du groupe 8 : ils ont un métabolisme digestif très efficace, ils utilisent la moindre calorie présente dans les aliments qu’ils ingèrent. Cette capacité à “stocker” les calories provient de leurs origines de chien d’eau : très résistants et s’adaptent à des climats très froids. Leur organisme est constitué de manière à tirer profit de la moindre réserve de calories. Dans le cas du Labrador on estime qu’il est en mesure d’exploiter 20% de calories en plus que les autres races de chien.  

Dans le cas du Labrador Retriever ou Golden Retriever, l’explication génétique a été mise en avant. Chez le labrador la mutation d’un gène provoque une augmentation de l’adiposité, du poids et inhibe la perception de sensation de satiété.  

Dans le cas de ces races pour le calcul du besoin énergétique le coefficient k1 = 0,8 sera appliqué.  

   

   4)  Races d’exposition – critères du standard 

La prévalence de surpoids élevée chez certaines races de chiens d’exposition pourrait être influencée par les critères du standard de race dont certains peuvent porter à confusion et pousser à l’embonpoint. Bien que le standard FCI précise que « cet aspect ne doit pas être dû à un excès de poids », il est évident que les propriétaires (et les éleveurs) ont parfois des difficultés à évaluer précisément l’état corporel de leur chien rendant le surpoids difficile à éviter chez certains individus.  

 Par exemple :  

  • Le standard du Labrador Retriever mentionne que l’aspect général doit être « fortement charpenté », « La poitrine est bien descendue et les côtes bien développées » ce qui pourrait pousser les propriétaires à privilégier la prise de poids. (Standard-FCI N° 122) 
  • Pour le Berger australien le standard de race précise : « Il est solide dans sa construction, avec une ossature moyenne. ». (Standard FCI N° 342) 
  • Westi : « Solidement construit » (Standard-FCI N° 85) 
  • Epagneul breton : « Harmonieusement construit sur une ossature solide sans être grossière. » (Standard FCI N°95

Dans le cas de ces races pour le calcul du besoin énergétique le coefficient k1 = 0,9 sera appliqué.  

   

   5)  Lévriers ou dogue argentin 

Ce sont des races qui auront tendance à faire moins de masse adipeuse que les autres races, à poids et efforts identiques.  

Dans le cas de ces races pour le calcul du besoin énergétique le coefficient k1 = 1,2 sera appliqué.  

     

 6)  Limites et observations terrain (réserves émises par notre nutritionniste).

Même si le Berger du shetland se retrouve dans la liste de races prédisposées au surpoids dans l’étude de Lund et al. de 2006, notre nutritionniste émet un doute sur la prise en compte d’un coefficient k1 = 0,9. En effet, le standard précise : « en aucune façon ni lourd ni grossier, allures souples et gracieuses » (Standard-FCI N°88). C’est également un chien sur la réserve et souvent stressé, ce qui va jouer sur son métabolisme et demander plus d’énergie. Enfin, sur le « terrain » notre nutritionniste rencontre peu de Shetland en surpoids.  

Elle émet également un doute dans le cas du Colley, qu’elle ne retrouve pas cité dans les études, et ne constate pas de chiens en surpoids sur le terrain.  

Cependant, il est à noter que, outre la note d’état corporel (NEC), les différences interraciales concernent également la proportion de masse adipeuse : il y a des prédispositions génétiques à l’accumulation de tissu adipeux.  

Dans ce sens elle trouve plus judicieux de garder le coefficient k2=0,9, car il est plus prudent pour les chiens et leur santé de limiter leur apport énergétique afin d’éviter le surpoids. 

Concernant le boxer et le doberman elle n’a pas trouvé de données mettant en avant une différence au niveau du métabolisme par rapport aux autres races, cependant l’observation terrain montre plus souvent des chiens trop minces qu’en surpoids.  

Dans le cas de ces 2 races pour le calcul du besoin énergétique le coefficient k1 = 1,1 sera appliqué.  

 

  • Les chats 

Chez le chat, il est plus difficile de vérifier le facteur race, car il y a une forte proportion d’européen.  

Néanmoins, outre le Sphinx qui a un facteur k1 = 1,25, il existerait des prédispositions raciales dues aux standards de la race en elle-même.  

Par exemple les chats race géante (Main coon, norvégien…) ont un risque de surpoids plus important, car leurs propriétaires veulent des « grands » chats. 3 études menées en Nouvelle Zélande, en France et en Ecosse montrent que la sous-estimation de l’état corporel des chats par les propriétaires est le facteur de risque le plus important de l’obésité féline.  

Pour les chats le facteur racial K1 = 1 sera appliqué pour l’ensemble des races et K1 = 1,25 pour les sphinx.